Le damage, les travailleurs de l'ombre
Les moteurs vrombissent... Le temps de
chauffer un peu et les conducteurs de
dameuses, au volant de leurs impressionnantes
machines, débutent leur nuit de
travail. Il est dix-sept heures et c’est parti.
Une brève réunion avant le départ permet de
définir le programme d’intervention.
Marcel et Roger, responsables des pistes ont
fait le tour du domaine dans la journée et
repéré les lieux nécessitant plus d’attention.
L’équipe du soir, composée d’une dizaine
d’hommes environ démarre, chacun sur sa
machine avec un secteur bien défini à damer.
Toujours sur les mêmes
pistes, les dameurs voient
ainsi comment évolue le
manteau neigeux pendant la saison
et agissent en conséquence.
Leur mission : rendre la piste
confortable et sûre, pour les
skieurs du lendemain. Devant la
piste est irrégulière, derrière, elle
doit être impeccable.
Pour accomplir leur mission,
les conducteurs de chenillettes
disposent de 3 outils
efficaces.
La lame, à l’avant, casse les
bosses. Elle permet d’amasser la
neige en rouleau et de la répartir
ensuite au bon endroit pour combler
les creux. Les chenilles tassent
la neige et la fraise lisse
complètement la piste.
Ces trois outils conjugués permettent
d’effacer les traces et de
répartir la neige qui a tendance à
être repoussée sur les côtés par
les skieurs.
Plus de cent kilomètres doivent
être damés par deux équipes successives
au volant de leurs puissantes
machines, 8 tonnes et
420 chevaux pour les plus
grosses.
À la fin de la saison, plus de
15 000 heures de damage auront
été effectuées.
Certaines dameuses sont également
équipées d’un treuil. Il permet
d’entretenir les pistes les plus
pentues.
Le treuil est accroché à des points
d’amarrage dispersés sur l’ensemble
de la station.
Le treuilliste y amarre la dameuse,
dame sa piste et va ensuite
s’amarrer à un autre point pour
une autre piste : un travail de
funambule.
Le treuil permet de damer
des pistes inclinées
jusqu’à 50 % ce qui
correspond aux murs
des pistes noires.
Ainsi, toute la nuit les conducteurs
arpentent les pistes seuls,
même s’ils sont reliés par radio.
Ils forment un ensemble de points
lumineux dans la station, dont on
a du mal à penser que derrière, se
cachent des hommes.
« C’est sûr, il faut aimer être
seul » assure David qui vient
d’effectuer sa deuxième saison en
tant que dameur. Pluri-actif
comme beaucoup, il est accompagnateur
en montagne l’été.
Dans le damage, c’est le fait de
s’impliquer vraiment dans le travail
du domaine skiable qui lui
plaît. Comme lui, ils sont une
vingtaine à travailler les pistes de
la station sur une douzaine de
machines. Avec le travail conjugué
de la machine et de l’homme,
les pistes retrouvent une surface
parfaite.
Le soleil se lève sur la vallée. La
nuit est finie pour les dameurs. Il
est temps de rejoindre le garage.
La dameuse est nettoyée, le carnet
de bord rempli.
La journée peut commencer pour
les skieurs...